René Scouarnec a désormais 97 ans et coule des jours paisibles à la maison de retraite de Plougasnou (29). C’est en 2000 que ce Houatais de souche et de cœur décide de prendre son stylo pour raconter sa vie et parler de son île.
En quelques semaines, l’ancien officier des équipages noircit 300 feuillets fourmillant d’anecdotes. Il y parle de son enfance au Havre et à Cherbourg, de son adolescence heureuse à Houat, de ses pérégrinations en Afrique du Nord et de la reprise de l’unique magasin de l’île, la célèbre « Boutique ».
« Je repense sans cesse à Houat »
Mais quelle mouche l’a piqué à l’aube de ses 90 printemps pour susciter une telle frénésie d’écriture ? « C’est simple : je repense sans cesse à Houat, dit-il. Je me souviens de mes virées sur la côte avec les copains. Nous jouissions d’une liberté totale. Le fait d’écrire m’a permis de revivre tous ces moments ».
À entendre René Scouarnec, on devine que son envie de se faire plaisir a été plus forte encore que sa volonté de transmettre son histoire.
Une certaine jubilation se lit sur son visage lorsqu’il raconte comment ses compatriotes houatais, en 1925, ont mystifié les douaniers de Quiberon en enterrant dans leurs jardins de l’excellent porto échoué à la côte par barriques entières. Sur les murs de son petit appartement, à Plougasnou, des cadres conservent précieusement les images d’un passé toujours vivace dans son esprit.
Une photo montre le pensionnaire en tenue de capitaine de frégate. C’était il y a près d’un demi-siècle. « Juste avant mon départ à la retraite », précise René Scouarnec qui a vécu à Dakar pendant la guerre 39-45 et en Tunisie à la veille de l’indépendance du pays.